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Évènements des Ardennes

Avertissement au lecteur

Les évènements que relatent cet article relèvent en principe du XIIIe étage de la bibliothèque de l'Université. Néanmoins, au vu des circonstances exceptionnelles qui président à la rédaction du présent ouvrage, j'ai pris la responsabilité d'en évoquer les grandes lignes, tout en en masquant les détails les plus dangereux, afin d'édifier le lecteur en ce qui concerne les dangers posés par les Adorateurs du Néant.

Hiver 1683

Les évènements dits “des Ardennes” au cœur du règne du roi Louis XIV, à la suite de l'édit de 1682 actant la criminalistation des Bohémiens1) (envoi des hommes aux galères, rasages des femmes et placement des enfants). Le 6 janvier 1683, un colporteur montant au village de Dom-le-Mesnil, à proximité de Sedan, le découvre vidé de tout ses habitants. Un seul corps est retrouvé, celui d'un jeune homme, méticuleusement dépecé, vidé et paré à la manière d'un grand gibier.

Le premier témoignage décrivant la Chasse Sauvage est enregistré quelques jours plus tard. Jean Fabre, un laboureur retournant vers son domicile à la nuit tombée rapporta ceci : “[…] et que Dieu me damne si je mens ! Une meute de mâtins maudits, aussi grands que des roncins, noirs comme la suie du diable et les yeux leur reluisaient comme des braises dans la nuit. Et à leur tête, un veneur — mais point de visage n'avait-il, rien que le vide et les ténèbres là où Dieu met d'ordinaire le visage d'un chrétien. Et derrière lui, une troupe de cavaliers, une compagnie maudite vêtue de loques et de guenilles, et leurs hardes pendaient en lambeaux qui se tordaient et se remuaient comme autant de vipères sur leur corps […]” . Dans les semaines suivantes, plusieurs témoignages similaires seront enregistrés.

Ces témoignages sont dans un premier temps ignorés des autorités, qui mettent les évènements de Dom-le-Mesnil sur le compte d'une bande de mercenaires sans emploi qui semait alors la terreur dans l'arrière-pays, et les descriptions de la Chasse Sauvage sur le compte de simples d'esprit ayant croisé une chasse à courre.

Printemps 1683

A la fin de l'hiver, les cas de villages vidés de leurs habitants à l'exception d'un seul cadavre macabrement mis en scène se multiplient, les témoignages affirmant avoir vu la Chasse Sauvage se multiplient, et le Parlement diligente une enquête qui établi les faits, glaçants, et à ce jour inconnus du grand public : un groupe de Bohémiens, voulant se venger de l'ordonnance les criminalisant, s'était allié à une petite cellule d'Adorateurs du Néant qui avait trouvé refuges dans les profondes forêts des Ardennes. Ensemble, ils avaient invoqué la Chasse Sauvage2).

Mis au courant de cette affaire, Sa Majesté décréta d'une part le secret le plus absolu sur le sujet, et d'autre part l'envoi d'une troupe de 450 des plus braves de ses mousquetaires pour éliminer le problème.

Les troupes s'enfoncèrent dans la forêt au petit matin du 15 juin 1683. 4 jours plus tard, seuls une poignée de Cadets de Gascogne, menés par Charles de Batz de Castelmore, dit d'Artagnan, derniers survivants de l'affrontement, ressortirent victorieux de la forêt. Les témoins de l'époque diront de ces douze preux qu'ils avaient le teint cadavérique et le regard mort de ceux qui ont contemplé l'Enfer de trop près. Ils avaient avec eux une prisonnière au visage masqué par un sac de jute3), aux pieds et aux mains chargés de chaînes d'argent alchimique gravées de puissants sigils destinés à bloquer la magie.

Construction de l'Enceinte de Dom-le-Mesnil

Le 6 janvier 1684, exactement un an après la première attaque de la Chasse Sauvage, le sieur Vauban, mandaté par Sa Majesté Louis XIV, entame la construction d'une enceinte sigilomantique scellant une zone d'environ 5km autour de Dom-le-Mesnil. A ce jour, cette enceinte est la plus puissante fortification magiquement active connue au monde, à l'exception notable de la Grande Muraille de Chine.

Conformément aux ordres alors donnés par Louis XIV, nul personne, Fae, être, animal, démon ou autre forme de créature sentiente n'est autorisée à pénétrer ou quitter l'enceinte. Sa défense est depuis cette époque assurée par l'Ordre Souverain et Affranchi de l'Armoise, fondé d'Artagnan, et financé par les Royaumes de France, de Belgique, du Luxembourg ainsi que la Confédération Germanique.

Références

Article cité par

2)
Il a depuis été établi à l'aide de recherche dans des ouvrages de Nécronomancie que la Chasse Sauvage est en réalité un Démon se faisant appeler “Le Veneur”, et qui, quand il est invoqué dans notre monde chasse et traque les être humains comme des proies animales, avant d'emporter leurs âmes dans ses sombres domaines
3)
Cette prisonnière ne fut plus jamais revue publiquement, et certains murmurent qu'il s'agissait d'Ingrid Gardelevant, qui apparut quelques mois après à la cour royale. Néanmoins aucune source connue ne permet de prouver cela.
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